L’IA dans les manuels scolaires : progrès éducatif ou dérive à surveiller ?

L’intelligence artificielle ne se limite plus aux outils professionnels ou aux assistants vocaux. Elle s’invite désormais dans les salles de classe. Plusieurs éditeurs de contenus pédagogiques ont commencé à intégrer des fonctionnalités IA directement dans leurs manuels numériques. De quoi révolutionner l’apprentissage… ou soulever de nouvelles inquiétudes.


Des manuels qui s’adaptent à l’élève

La transformation a commencé. En 2025, le géant Pearson a lancé son AI-Powered Study Tool, une fonctionnalité intégrée à ses eTextbooks (manuels numériques pour le supérieur), capable de répondre aux questions des étudiants, générer des résumés ou proposer des quiz sur mesure, selon le niveau de chacun. L’objectif : personnaliser l’apprentissage de manière autonome.

De son côté, la start-up norvégienne Ludenso a développé LAIA, un outil d’édition augmenté destiné aux maisons d’édition. Grâce à l’IA et la réalité augmentée, les manuels peuvent être enrichis de contenus interactifs : visualisations 3D, tests adaptatifs, et annotations contextuelles.

Ces outils ne remplacent pas les professeurs, mais cherchent à alléger la charge éducative et rendre les supports plus dynamiques et accessibles.


Une promesse de progrès éducatif

Les promesses sont nombreuses :

  • Apprentissage personnalisé : l’élève progresse à son rythme.
  • Accessibilité renforcée : traduction automatique, simplification, version audio.
  • Gain de temps pour les enseignants : certaines corrections ou explications sont automatisées.
  • Réduction des inégalités : dans certaines zones, l’IA peut pallier le manque de ressources.

Mais une dépendance potentiellement problématique

Si l’idée séduit, elle n’est pas sans risque.

D’abord, ces contenus IA ne sont pas toujours vérifiés manuellement. Le biais algorithmique, les erreurs ou approximations peuvent poser problème dans un cadre scolaire.

Ensuite, l’intégration de solutions privées (Google, Pearson, OpenAI…) soulève une question de souveraineté éducative : faut-il laisser l’école dépendre de plateformes commerciales, souvent étrangères, pour transmettre les savoirs fondamentaux ?

Enfin, des chercheurs alertent sur le risque de perte d’esprit critique. Si l’IA donne directement les réponses, sans processus de réflexion, que reste-t-il de la pédagogie ?


Une tendance mondiale qui s’accélère

L’adoption de ces outils commence principalement dans le supérieur ou les filières numériques, notamment aux États-Unis, en Norvège, au Royaume-Uni et au Canada. Mais la tendance est claire : l’IA entre progressivement dans l’éducation publique.

En 2025, Google Research a d’ailleurs dévoilé son projet “Learn Your Way”, une expérimentation pour générer automatiquement des manuels personnalisés selon les profils d’élèves.


Vers une régulation de l’IA éducative ?

Aujourd’hui, il n’existe pas encore de cadre réglementaire clair pour encadrer l’usage de l’IA dans les contenus pédagogiques. Qui valide ces contenus ? Qui est responsable en cas d’erreur ? À qui appartiennent les données récoltées sur les élèves ?

Ce sont ces questions que certains experts en éthique de l’éducation commencent à poser.


Conclusion

L’arrivée de l’IA dans les manuels scolaires est un tournant. Elle peut démocratiser l’apprentissage, rendre l’éducation plus inclusive et efficace. Mais elle doit être encadrée. Sans transparence, sans régulation, et sans l’implication des enseignants, le risque est réel de transformer l’éducation en produit algorithmique.

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