Lors de plusieurs interventions publiques en 2025 — notamment au forum USA–Arabie Saoudite et dans des interviews relayées par TechRadar et Business Insider — Elon Musk a livré une vision très optimiste du futur. Selon lui, l’arrivée massive de l’IA et des robots humanoïdes pourrait transformer l’économie mondiale au point de rendre le travail humain “optionnel” d’ici 10 à 20 ans.
Une déclaration qui a immédiatement fait réagir économistes, spécialistes de l’IA, et sceptiques.
Voici ce qu’il dit réellement… et ce que cela implique.
Le travail deviendra “optionnel” : l’affirmation la plus reprise
Musk a déclaré que grâce à l’IA avancée et aux robots physiques comme Optimus, le travail tel qu’on le connaît aujourd’hui pourrait devenir “un choix et non une nécessité”.
Dans son scénario :
- les machines effectueraient presque toutes les tâches répétitives,
- la production deviendrait extrêmement abondante,
- les humains pourraient travailler “par passion, pas par obligation”.
C’est une vision directement inspirée de la science-fiction, notamment de l’univers The Culture d’Iain M. Banks, qu’il cite souvent.
L’argent pourrait devenir moins central dans la société
En poussant plus loin, Musk affirme qu’un monde où les robots produisent presque tout pourrait réduire l’importance de la monnaie.
Il imagine une société où :
- les ressources seraient abondantes,
- la pauvreté serait supprimée,
- les biens essentiels seraient accessibles presque gratuitement.
Cette idée a été critiquée par des économistes, certains y voyant une projection utopique “déconnectée des réalités politiques et financières actuelles”.
Optimus : la pièce centrale de sa vision
Pour Musk, cette “utopie” repose en grande partie sur Optimus, le robot humanoïde de Tesla.
Selon lui :
- “Optimus pourrait éliminer la pauvreté.”
- “Chaque personne pourrait avoir plusieurs robots chez elle.”
- Tesla pourrait produire des millions d’unités par an à long terme.
L’objectif annoncé de Musk : faire d’Optimus l’équivalent économique d’un employé supplémentaire, capable de travailler 24 h/24, 7 j/7.
Les critiques : entre scepticisme et inquiétude
Cette vision n’a pas fait l’unanimité. Plusieurs objections reviennent régulièrement :
Technologie encore loin du niveau promis
Les humanoïdes actuels — Figure 02, Optimus, NEO, Unitree — sont encore limités :
- autonomie faible,
- mouvements parfois instables,
- capacité de manipulation encore fragile,
- coûts très élevés.
Impact économique incertain
Même si les robots deviennent performants :
- qui possédera ces machines ?
- comment sera redistribuée la richesse produite ?
- quels emplois disparaîtront ?
Risques sociaux et politiques
Si une entreprise contrôle la majorité des robots productifs, cela crée un pouvoir économique colossal — ce qui soulève des inquiétudes chez plusieurs gouvernements.
Le réalisme de sa vision : possible, mais pas garanti
L’idée d’un monde d’abondance créé par l’automatisation existe depuis longtemps — mais aucune société humaine n’a encore atteint ce niveau.
Ce qui rend la vision crédible :
- les progrès rapides des IA (OpenAI, xAI, DeepMind),
- les humanoïdes commencent réellement à travailler (Figure 02 livré à un client industriel),
- l’automatisation progresse dans la logistique, la santé, l’énergie.
Ce qui rend la vision improbable à court terme :
- l’état actuel des robots (pas encore assez fiables),
- les infrastructures nécessaires,
- les enjeux politiques massifs.
Conclusion : une vision ambitieuse… mais très spéculative
Elon Musk imagine un monde où :
- les robots humanoïdes produisent l’essentiel des biens,
- la pauvreté disparaît,
- l’argent perd de son importance,
- les humains travaillent s’ils le veulent, pas parce qu’ils y sont obligés.
Sa vision est cohérente dans un monde où la technologie avance sans contrainte sociale, économique ou politique.
Mais dans la réalité, de nombreux obstacles — techniques, financiers, réglementaires — devront être surmontés avant d’approcher un tel modèle.
Pour l’instant, cette “utopie dans 10 ans” reste un scénario optimiste, porté par un entrepreneur qui mise tout sur l’IA incarnée et la robotique.
Le futur dira si Musk avait raison… ou s’il voyait un peu trop loin.