Microduck : le canard robot qui apprend à marcher tout seul

Robot Microduck bipède orange et blanc en extérieur, entouré d'autres exemplaires colorés, avec des personnes accroupies en arrière-plan qui les manipulent

Hugging Face a un nouveau chouchou, et il a un bec. Baptisé Microduck, ce petit robot bipède signé Pollen Robotics — la pépite bordelaise rachetée par la plateforme IA en avril 2025 — vient d’être dévoilé en précommande, avec une promesse assez rare dans le monde des jouets connectés : tout, absolument tout, y est ouvert et modifiable.


Un canard de 800 grammes, bourré de capteurs

Sous ses airs de gadget mignon, Microduck cache une vraie fiche technique de robot de recherche. Il mesure 25 cm de haut pour environ 14 cm de large, pèse moins de 800 grammes, et embarque 15 moteurs répartis entre les jambes, la tête et le cou. De quoi marcher, s’asseoir, donner un coup de pied, se relever seul après une chute, ou même rouler sur des roulettes une fois les bons accessoires greffés.

Pour percevoir son environnement, le petit robot dispose d’une caméra frontale, d’un LiDAR à matrice Time-of-Flight 8×8 et de deux centrales inertielles, une dans le corps et une dans la tête, le tout piloté à 50 Hz. Son bec, lui aussi articulé, ne sert pas qu’à la déco : il peut faire office de petite pince pour attraper et transporter des objets. Côté électronique embarquée, on trouve un Rockchip RK3566 épaulé d’un accélérateur IA, 1 Go de RAM, 32 Go de stockage, ainsi que le Wi-Fi et le Bluetooth.


Le vrai coup de génie : un robot qu’on entraîne soi-même

Les sept comportements livrés de série sont amusants, mais ce n’est pas le plus intéressant. Ce qui distingue vraiment Microduck, c’est sa philosophie : chaque mouvement est une politique entraînée par apprentissage par renforcement dans MuJoCo, un simulateur physique très utilisé en robotique. Le principe est simple à décrire, redoutable à maîtriser : le système essaie, échoue, recommence, et apprend petit à petit à obtenir la récompense fixée.

Concrètement, on peut entraîner un nouveau comportement dans le simulateur, sur sa propre machine ou via Hugging Face Jobs, puis transférer directement la politique obtenue vers le robot physique — une démarche dite « sim-to-real ». Et comme le SDK, l’environnement de simulation et toute la chaîne d’entraînement sont publiés sous licence Apache 2.0, n’importe qui peut lire, forker et retravailler ce que fait réellement le robot.

Clem Delangue, cofondateur de Hugging Face, résume l’ambition en une phrase : un robot open source à qui l’on apprend de nouveaux tours par apprentissage par renforcement.


Un positionnement malin face aux Reachy Mini

Microduck se glisse juste sous les Reachy Mini, déjà commercialisés par Hugging Face et Pollen Robotics à 399 et 499 dollars. Le petit canard est proposé en précommande à 399 dollars (environ 370 euros hors taxes et frais de port), avec des premières livraisons attendues avant Noël 2026 en Amérique du Nord, en Europe et au Royaume-Uni.

En misant sur l’open source plutôt que sur des comportements figés en usine, Hugging Face applique à la robotique la recette qui a fait son succès dans l’IA générative : donner aux développeurs, chercheurs et bidouilleurs les clés du système plutôt qu’une boîte noire. Reste à voir si ce pari, jusqu’ici gagnant côté logiciel, se transforme aussi bien en succès matériel.

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