Cent grammes, un câble, un boîtier dans la poche. Au Connect 2026, Meta présente des lunettes de réalité virtuelle qui veulent faire oublier le casque. Prévues pour le printemps 2027, à 1 299 dollars.
Le casque perd cinq fois son poids
Le Meta Quest 3 pèse environ cinq fois plus que les nouvelles Meta VR Glasses. Pour arriver à ce résultat, Meta a pris une décision radicale : sortir l’électronique de la tête. Les lunettes, sans sangle, sont reliées par un câble à un petit boîtier qu’on glisse dans une poche, et qui contient le processeur Snapdragon Reality Elite, la batterie, 12 Go de mémoire et 128 Go de stockage. L’idée n’est pas nouvelle, d’autres concepts de lunettes XR l’ont déjà explorée, mais elle s’attaque à la plainte la plus fréquente des utilisateurs de VR : la fatigue après une longue session.
Côté affichage, Meta mise sur des écrans micro-OLED baptisés « Infinite Display », avec 2 412 × 2 288 pixels par œil et un rafraîchissement qui monte jusqu’à 120 Hz. Les lunettes donneront accès au catalogue d’applications et de jeux Quest, ainsi qu’à Xbox Cloud Gaming, et plus de 75 jeux seront jouables avec le seul suivi des mains, sans manettes, dès le lancement
Bien plus qu’une machine à jouer
Meta insiste surtout sur ce que ces lunettes peuvent faire en dehors du jeu. Elles pourront se connecter à un Mac ou à un PC Windows pour afficher plusieurs écrans virtuels, et transformer une surface plane en clavier et en pavé tactile. Elles se présentent aussi comme le premier appareil VR certifié IMAX Enhanced, avec des films en 3D et plus d’une centaine d’événements sportifs immersifs par an. Pour les appels vidéo, Meta promet un avatar photoréaliste du visage de l’utilisateur, dans l’esprit des Personas de l’Apple Vision Pro, et compte l’étendre au corps entier.
Tout cela raconte un changement de stratégie. Meta ne cherche plus seulement à construire des mondes virtuels fermés : elle réutilise les technologies développées pour le métavers afin de proposer un seul appareil pour jouer, travailler, regarder un film et communiquer. À 1 299 dollars, les VR Glasses se placent nettement au-dessus des Quest actuels, mais sous l’Apple Vision Pro, dans une catégorie intermédiaire que Meta essaie d’inventer.
Une gamme qui monte d’un cran à chaque étage
Les VR Glasses ne sont qu’une pièce d’un ensemble plus vaste. Le même jour, Meta a présenté des Ray-Ban Meta Audio sans caméra, de 43 grammes et jusqu’à 12 heures d’autonomie, disponibles à partir du 13 octobre, ainsi que des Ray-Ban Meta Gen 3 avec neuf heures d’autonomie, six micros et une caméra de 12 mégapixels, à partir de 449 euros. Les Meta Ray-Ban Display, avec leur petit écran intégré, arrivent aussi en France à partir du 13 octobre, à 899 euros. Entre l’audio seul, la caméra, l’écran dans le champ de vision et la réalité virtuelle complète, Meta construit une échelle dont chaque barreau répond à un usage et à un budget différents.
Ce qui relie tous ces appareils, c’est Muse, l’agent d’intelligence artificielle de Meta lancé en septembre. L’ambition n’est plus de poser une question à une IA, mais de lui déléguer des actions : accompagner un entraînement, enregistrer un repas, prendre un rendez-vous, acheter un produit qu’on regarde. Meta prévoit même que les agents Muse aient leur propre adresse e-mail. Le matériel change de rôle : lunettes audio, caméra, écran ou VR deviennent autant de portes d’entrée vers la même IA. La prochaine bataille ne consiste peut-être plus à savoir quel appareil remplacera le smartphone, mais quel agent sera présent sur tous ceux qui nous entourent.
Ce qu’il faut garder à l’esprit
Pour l’instant, tout ce que l’on sait des VR Glasses vient de Meta. Cent grammes sur le visage plus un câble dans la poche, c’est léger sur le papier, mais personne ne les a encore portées pendant des heures. La sortie est prévue au printemps 2027, ce qui laisse le temps au matériel et au prix de bouger, et à 1 299 dollars il reste à prouver que l’usage justifie la dépense. Quant aux lunettes à caméra, elles restent un sujet sensible pour beaucoup de gens, ce qui explique en partie le choix de Meta de proposer aussi un modèle sans caméra.